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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

vère. Il na étudié que les langues modernes et les vieuxdocuments de notre poésie teutonique. Il paraît quil estresté toujours étranger aux études anciennes, comme unvéritable romantique. Jamais il ne sest occupé de phi-losophie; cette branche de savoir semble même luirépugner. Dans les champs de la science, M. Tieck nacueilli que des fleurs et des branches légères, pourrégaler avec les premières le nez de ses amis, et avecles dernières le dos de ses adversaires. Ses écrits sontdes bouquets ou des faisceaux de verges. Nulle partune gerbe avec des épis.

Après Goethe, cest Cervantes que M. Tieck a le plusimité. Lironie humoristique, je pourrais dire lhumeurironique de ces deux écrivains, répand aussi son par-fum dans les nouvelles qui appartiennent à la troisièmemanière de M. Tieck. Lironie et Y humour y sont telle-ment fondues quelles sont une. Il est beaucoup questionchez nous de cette ironie humoristique ; lécole de Goëlliela prise comme une des plus grandes qualités du maî-tre, et elle joue en ce moment un rôle important dansla littérature allemande. Mais elle nest quun signe denotre servitude politique, et comme Cervantes, écrivantdu temps de linquisition, dut chercher un refuge danslironie de bonne humeur pour ne pas donner prise auxfamiliers du saint office, Goethe prit lhabitude de direavec ce même ton dironie tout ce quil ne pouvait direnettement, lui ministre dÉtat, lui courtisan. Goethe najamais tu la vérité : seulement, quand il na pu la mon-