ce l’Allemagne.
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Je ne saurais passer sous silence que la raison deM. Tieck est devenue plus raide que jamais dans sesdernières nouvelles, que son imagination fait de plus enplus pénitence pour son tempérament romantique, etque même, dans les nuits froides, elle reste, en bâillantavec satisfaction, dans la couche conjugale, où elle serapproche presque avec amour de son maigre époux.
Cependant M. Tieck est toujours un grand poète, caril peut créer des êtres animés, et de son cœur s’échap-pent des paroles qui ont le pouvoir d’agiter nos cœurs.Une nature molle, quelque chose d’indécis, d’incertain,une faiblesse extrême, ce sont là les qualités qa’on netrouve pas seulement aujourd’hui, mais qu’on a toujoursvantées en lui. Ce manque de force et de résolution sefait trop sentir dans tout ce qu’il fait et dans tout cequ’il écrit. Il ne se montre jamais prime-sautier. Sa pre-mière manière ne le dénonce pas du tout; la seconde leprésente comme un fidèle écuyer, portant l’écu, la lanceet le heaume des Schlegel; et sa troisième manièreindique un imitateur de Goethe. Ses critiques de théâtrequ’il a rassemblées sous le titre de Feuilles dramalur-giques, sont encore ce qu’il a fait de plus original; maisce sont des critiques de théâtre.
Pour peindre tout à fait Hamlet comme un. hommefaible, Shakspeare le fait lier conversation avec descomédiens, et apparaître comme un bon critique dethéâtre.
M. Tieck ne s’est jamais soumis à une discipline sé-