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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
sant allaiter son enfant par une biche compatissante.
Les nouvelles que M. Tieck a écrites dans sa secondemanière sont beaucoup plus précieuses que ces drames ;elles sont aussi, pour la plupart, imitées des vieilles lé-gendes populaires. Les plus excellentes sont le,blondEckbert et le Runenbercj. Dans ses poésies, on sent uneintimité mystérieuse, un accord singulier avec la nature,mais surtout avec l’empire des plantes et des pierres.Le lecteur se sent comme transporté dans une forêt en-chantée ; il entend les sources souterraines ruisselermélodieusement. Il croit entendre quelquefois son proprenom prononcé dans les murmures du feuillage. Desplantes aux larges feuilles, qui semblent animées, en-lacent ses pieds et entravent sa marche ; des fleurs mer-veilleuses et inconnues ouvrent, pour le contempler, degrands yeux diaprés de mille couleurs ; des lèvres invi-sibles pressent son front; de hauts champignons doréss’agitent au pied des arbres, et résonnent doucementcomme des clochettes; de grands oiseaux silencieux sebalancent sur les branches, et baissent vers lui leurs
longs becs pensifs.Tout respire ; tout est frémissant
et plein d’attente.... Tout à coup le cor résonne ; uneimage de femme aux plumes flottantes, le faucon aupoing, passe sur une blanche haquenéc; et elle est sibelle, si blonde; ses yeux sont si bleus, si riants et à lafois si sérieux, si sincères et en même temps si ironiques,si chastes et en même temps si voluptueux, que l’on croitvoir l’imagination de notre excellent Louis Tieck en