DE L’ALLEMAGNE.
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personne. Oui, son imagination est une courtoise da-moiselle, qui poursuit dans une forêt enchantée desanimaux fabuleux, peut-être la rare licorne, qui ne selaisse prendre que par une vierge.
Une singulière modification s’opère à présent chezM. Tieck; elle annonce sa troisième manière. Après avoirquelque temps gardé le silence au temps de la décadencedes Schlegel, il reparut en public, et de la façon à la-quelle on s’attendait le moins. L’ancien enthousiaste,qui s’était jeté dans le sein de l’église catholique avec unzèle de néophyte, qui avait combattu si puissamment laphilanthropie et le protestantisme, qui ne respirait quepour la féodalité et le moyen âge, qui n’aimait l’art quedans les expansions d’un cœur naïf, se présenta dès lorscomme adversaire de l’extravagance, comme peintre dela moderne vie bourgeoise, comme artiste qui demandela clarté de la conscience dans l’art j en un mot, commeun homme de bon sens. C’est ainsi qu’il se montre dansune série de nouvelles nouvelles, dont quelques-unessont connues en France. L’étude de Goethe y est visible,et, en général, dans sa troisième manière, M. Tieckapparaît comme un disciple de Goethe. C’est la mêmeclarté artistique, la même sérénité, le même calme et lamême ironie. L’école des Schlegel n’avait pas réussijadis à attirer Goethe, nous voyons à présent cette école,représentée par M. Louis Tieck, passer dans le camp deGoethe. Ceci fait souvenir d’une légende musulmane.Le prophète avait dit à la montagne : « Montagne, viens