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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

pas toutefois de la même espèce et de la même valeur.Comme chez les peintres, on peut distinguer dansM. Tieck plusieurs manières. Sa première manière appar-tient encore entièrement à lancienne école ; il nécrivaitalors que sur la demande et la commande dun libraire;et ce libraire nétait autre que Nicolaï en personne, lechampion le plus opiniâtre des lumières et de la phil-anthropie , le plus grand ennemi de la superstition, dumysticisme et du romantisme. Nicolaï était un mauvaisécrivain, une perruque prosaïque, qui sest rendu sou-vent fort ridicule avec son nez sans cesse braqué sur lesjésuites; mais nous qui sommes nés plus tard, nousdevons avouer que le vieux Nicolaï était un homme pleinde droiture; quil parla avec loyauté au peuple alle-mand, et que, par amour pour la sainte cause de lavérité, il ne recula pas devant le plus cruel de tous lesmartyres, devant le ridicule. On ma conté , à Berlin,que M. Tieck habitait autrefois la maison de ce bravehomme ; il demeurait à un étage au-dessus de Nicolaï;le temps nouveau marchait déjà sur la tête du vieuxtemps.

Les ouvrages que M. Tieck écrivit dans sa premièremanière, des contes et de longs romans pour la plupart,comme William Loivcl , le meilleur de tous, sont fortinsignifiants. Il semble que cette opulente et poétiquenature ait été avare dans sa jeunesse , et quelle ait con-servé ses trésors pour des temps plus éloignés ; oupeut-être M. Tieck ne connaissait-il pas lui-même les