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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
dans l’intérêt de l’ultramontanisme. Ces braves gensavaient retrouvé, dans les poésies indiennes, non passeulement les mystères du sacerdoce romain, mais toutesa hiérarchie et toutes ses luttes avec la puissance tem-porelle. Dans le Mahabarata et le Ramayana, ils voyaientun moyen âge aux formes d’éléphant. En effet, danscette dernière épopée, quand le roi Wiswamitra lutteavec le prêtre Wasischta, cette lutte comporte les mêmesintérêts que ceux qui excitèrent l’un contre l’autre l’em-pereur et le pape, bien que l’objet de la querelle soitnommé ici, en Europe , l’investiture, et là-bas, dansl’Inde, la vache Sabala.
On peut élever le même reproche au sujet des leçonssur la littérature. Frédéric Schlegel y examine toutes leslittératures d’un point de vue élevé , mais cette positionélevée est toujours la cime du clocher d’une église go-thique. Et à tout ce que dit Schlegel on entend sanscesse les cloches sonner, parfois aussi le croassementdes corbeaux qui voltigent autour des ais de la vieilleflèche. Pour moi, l’encens de la messe me monte aunez dès que j’ouvre ce livre, et aux meilleurs passagesil me semble que je vois s’élever tout à coup de longuesfiles de pensées tonsurées. Cependant je ne connais pasde meilleur livre en ce genre; et il n’y a que les travauxdu même genre de Herder, qui pourraient nous pro-curer un pareil aperçu sur la littérature de tous lespeuples. Mais Herder ne se mettait pas, comme ungrand inquisiteur, sur un siège, pour juger les différentes