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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

roman ; alors le révérend M. Schleyermacher écrivit etpublia des lettres remplies denthousiasme sur la Lu-cincle. Des critiques savancèrent jusquà dire que cetteproduction était un véritable chef-dœuvre, et ils necraignirent pas de prophétiser que le roman de Lucindeserait regardé un jour comme le meilleur livre de lalittérature allemande. Les autorités auraient fairejustice de ces gens-, comme on fait en Russie pour lesprophètes qui annoncent.un malheur public, et quonenferme jusquà ce que leur prédiction soit accomplie.Non, les dieux ont préservé notre littérature de cettegrande calamité : le roman de Schlegel fut bientôt re-poussé à cause de sa nullité effrénée, et maintenant sonretentissement sest tout à fait évanoui. Lucinde est lenom de lhéroïne du roman ; cest une femme composéede saillies et de sensualités. Les défauts du roman vien-nent de ce quelle nest pas femme, mais une composi-tion mal combinée des deux abstractions : lesprit et lasensualité. La mère de Dieu pardonnera peut-être àlauteur de ce livre ; mais les muses ne lui pardonnerontjamais. Un roman semblable, nommé Florentin, futattribué par erreur au défunt Schlegel. Ce livre est, dit-on, louvrage de sa femme, fille du célèbre Moïse Men-delsohn quil avait enlevée à son premier mari, et quipassa avec lui dans le sein de léglise catholique.

Je crois que Frédéric Schlegel en agit sérieusementavec le catholicisme. Je le crois de lui ; de beaucoup deses amis, je nen crois rien. En pareille circonstance, il