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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
roman ; alors le révérend M. Schleyermacher écrivit etpublia des lettres remplies d’enthousiasme sur la Lu-cincle. Des critiques s’avancèrent jusqu’à dire que cetteproduction était un véritable chef-d’œuvre, et ils necraignirent pas de prophétiser que le roman de Lucindeserait regardé un jour comme le meilleur livre de lalittérature allemande. Les autorités auraient dû fairejustice de ces gens-là, comme on fait en Russie pour lesprophètes qui annoncent.un malheur public, et qu’onenferme jusqu’à ce que leur prédiction soit accomplie.Non, les dieux ont préservé notre littérature de cettegrande calamité : le roman de Schlegel fut bientôt re-poussé à cause de sa nullité effrénée, et maintenant sonretentissement s’est tout à fait évanoui. Lucinde est lenom de l’héroïne du roman ; c’est une femme composéede saillies et de sensualités. Les défauts du roman vien-nent de ce qu’elle n’est pas femme, mais une composi-tion mal combinée des deux abstractions : l’esprit et lasensualité. La mère de Dieu pardonnera peut-être àl’auteur de ce livre ; mais les muses ne lui pardonnerontjamais. Un roman semblable, nommé Florentin, futattribué par erreur au défunt Schlegel. Ce livre est, dit-on, l’ouvrage de sa femme, fille du célèbre Moïse Men-delsohn qu’il avait enlevée à son premier mari, et quipassa avec lui dans le sein de l’église catholique.
Je crois que Frédéric Schlegel en agit sérieusementavec le catholicisme. Je le crois de lui ; de beaucoup deses amis, je n’en crois rien. En pareille circonstance, il