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1 (1863)
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206
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ŒUVRES DE HENRI IIE1NE.

thousiasme Goetz et Werther, mais ce fut plutôt à causedu sujet que du travail artistique, que personne ne sutapprécier dans ces chefs-d’œuvre. Le Goetz était unroman de chevalerie, présenté sous une forme drama-tique, et on aimait alors ce genre d’ouvrages. DansWerther, on ne vit que l’arrangement d’une histoirevéritable, celle du jeune Jérusalem, un jeune hommequi s’était brûlé la cervelle par amour, et qui avait faitainsi grand bruit dans cette époque de calme plat ; onlut en pleurant ses lettres touchantes; on remarquaavec beaucoup de sagacité que la manière dont Wer-ther avait été chassé de la société noble devait avoiraugmenté son dégoût de la vie; la question du suicidedonna encore plus de sel au livre; l’idée de se tueraussi surgit à cette occasion dans la tête de quelquesfous, et l’ouvrage fit alors un effet complet. On lisaitencore fort assidûment les romans d’Auguste Lafon-taine; et comme celui-ci écrivait sans discontinuer, ildevint beaucoup plus célèbre que Wolfgang Goethe.Wieland était le grand poète du temps, qui n’avait pourconcurrent que M. Rammler à Berlin, le faiseur d’odes.Wieland fut honoré bien plus que ne le fut jamaisGoëthe; cependant il faut avouer que l’auteur d 'Oberonet d 'Aristippe a bien mérité ses succès : il a doté l’Alle-magne de chefs-d’œuvre aussi beaux qu’utiles, c’étaitun géant à côté de Ifïland qui dominait le théâtre avecses’drames bourgeois, et Kotzebue avec ses innombrablescomédies.