DE LALLEMAGNE.
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cette licence peut m’être permise : c’est Jean GottliebHerder, né à Morungen dans la Prusse orientale, en1744, et mort à Weimar en Saxe, dans l’année 1803.
L’histoire littéraire est la grande morgue où chacunvient chercher ses morts, ceux qu’on a aimés, ou avecqui on a des liens de parenté. Quand je vois là, parmitant de cadavres insignifiants, Lessing ou Herder avecleurs grandes et nobles figures, le cœur me bat avecviolence; il me serait impossible de passer outre, sansdéposer un baiser sur leurs lèvres livides.
Mais si Lessing a détruit si puissamment le goût del’imitation de la fausse antiquité grecque, empruntée deseconde main aux Français, il a lui-même donné lieuen quelque sorte à un nouveau genre de folles imita-tions par ses appréciations des véritables chefs-d’œuvrede l’antique Grèce. Par la vigueur avec laquelle il com-battit la superstition religieuse, il aida aussi à ce pro-saïsme qui se propagea à Berlin avec une vivacitéextrême. En ce temps, la déplorable médiocrité se mità s’agiter plus que jamais ; et les esprits vides et gueuxse boursouflèrent comme la grenouille de la fable. Onse tromperait toutefois si on imaginait que Goethe, quiavait déjà percé, fut alors généralement reconnu. SonGoets de Berlichingen et son Werther furent accueillisavec enthousiasme; mais les ouvrages des médiocritésordinaires étaient reçus avec la même faveur, et onn’accorda à Goethe qu’une étroite niche dans le pan-théon littéraire. J’ai dit que le public avait lu avec en-
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