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1 (1863)
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ŒUVRES DE I1ENU1 IIEINE.

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sieurs milliers d’ans; les artistes surtout respiraientlibrement, comme si le cauchemar ascétique avait cesséde peser sur leur poitrine; ils se précipitèrent avec en-thousiasme dans la riante mer de la poésie grecque, del’écume de laquelle naissaient de nouveau pour eux lesplus belles déesses. Les peintres représentèrent de nou-veau les joies que répand l’ambroisie dans l’Olympe ;les sculpteurs firent sortir, comme jadis, les vieux hérosde leurs blocs de marbre; les poètes chantèrent encorela maison d’Atrée et de Laïus : alors commença la nou-velle période classique.

Ainsi qu’en France, sous Louis XIV, la vie modernereçut son perfectionnement accompli, la nouvelle poésieclassique atteignit à un haut degré de perfection, et enquelque sorte à une originalité réelle. Par l’influencepolitique du grand roi, la nouvelle poésie classique fran-çaise se répandit dans le reste de l’Europe. Dans l’Italie,où elle était déjà indigène, elle reçut un coloris français;les héros de la tragédie française vinrent aussi en Es-pagne avec le duc d’Anjou ; ils passèrent ensuite enAngleterre avec madame Henriette ; et nous autres Alle-mands, il va sans dire que nous bâtîmes à l’Olympepoudré de Versailles nos temples insipides. Le plus cé-lèbre pontife de ces faux dieux fut Gottched, cettegrande perruque de l’ancien temps, que notre célèbreGoethe a si bien dépeint dans ses Mémoires.

Lessing fut l’Arminius littéraire qui délivra notrescène de cette domination étrangère. Il nous montra