ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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ment identiques à ce qu’elles doivent représenter, àl’idée que l’artiste veut reproduire. Par exemple, la vieerrante d’Odysseus ne signifie rien autre chose, sinon lavie errante de l’homme qui était fils de Laertès, mari dePénélopéia, et qui se nommait Odysseus; leBacchusquenous voyons au Louvre n’est rien autre chose que l’ai-mable fils de Sémélé, les yeux remplis d’une mélan-colie audacieuse, et une divine volupté répandue sur leslèvres mollement arrondies. 11 en est autrement dansl’art romantique : là, les vains pèlerinages d’un cheva-lier ont en outre une signification ésotérique; ils indi-quent peut-être les vains pèlerinages de la vie; le dragonqui est vaincu est le péché; l’amandier qui répand doloin ses parfums sur les voyageurs, c’est la Trinité, Dieule père, Dieu le Fils et le Saint-Esprit, qui font un tout,comme la noix, l’écorce et le noyau forment une seuleamande. Quand Homère peint l’armure de son héros,ce n’est rien autre chose qu’une bonne armure qui vauttant et tant de bœufs; mais quand un moine du moyenâge décrit le vêtement de la mère de Dieu, on peut s’enfier à lui : sous ces habits divers, il a imaginé autant devertus, un sens particulier est caché sous cette sainteenveloppe de la Vierge immaculée, qui, son fils étant lenoyau de l’amande, est chantée fort raisonnablementsous le nom de la fleur d’amandier. C’est là le caractèrede la poésie du moyen âge que nous nommons roman-tique. L’art classique avait à reproduire une forme dé-terminée, le réel, et ses images pouvaient s’identifier