DE LALLEMAGNE.
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ments du Titurel. Peut-être est-il permis aujourd’hui delouer et de priser sans réserve ce bon maître Gottfried.Dans son temps, on l’a certainement tenu pour un im-pie, et son livre pour une œuvre dangereuse ; et, en ef-fet, il y a jeté des choses qui font réfléchir. Francescade Rimini et son bel ami payèrent chèrement le plaisirqu’ils eurent un jour de lire un pareil livre ensemble;— il est vrai que le plus grand danger consista en cequ’ils cessèrent tout d’un coup de le lire.
Dans toutes ces compositions du moyen âge, la poésiea un caractère décidé qui la distingue de la poésie desGrecs et des Romains. Pour marquer celte différence,nous nommons celle-ci la poésie classique, et l’autre lapoésie romantique. Mais ces dénominations ne sont- quedes rubriques vagues, et ont conduit jusqu’à ce jour àun désordre d’idées qui croît encore, depuis qu’onnomme la poésie des anciens plastique, au lieu de clas-sique. C’est là surtout qu’on donne lieu à des méprises.D’abord, les artistes doivent toujours travailler leur sujetd’une façon plastique : que le sujet soit païen ou chré-tien, ils doivent le présenter sous des contours clairs;bref, la forme plastique doit se retrouver dans l’art mo-derne et romantique, comme dans l’art antique, et enêtre la qualité principale. Les figures de la Divine Co-médie du Dante, ou celles des tableaux de Raphaël, nesont-elles pas aussi plastiques que celles de Virgile oudes murs d’Herculamnn ? La différence consiste en ceque les figures plastiques, dans l’antiquité, sont entière-