DE I, ALLEMAGNE.
SOI
le poison juif, que son casque et son armure tombèrentde ses membres affaissés, et que sa grande voix impé-riale qui dominait dans les batailles, s’affaiblit et sechangea en humbles murmures de patenôtres et encadences de castrats.
Mais ce qui énerve le vieillard fortifie l’adolescent. Cespiritualisme influa heureusement sur les peuples trans-migrants du Nord. Ces corps de barbares, trop vigoureuxet trop chargés de sang, furent modifiés par l’espritchrétien, et la civilisation européenne commença. Ç’aété une belle et une sainte mission du christianisme. Encivilisant l’Europe , l’église catholique acquit les droitsles plus fondés à notre respect et à notre admiration.Par des institutions larges et pleines de génie, elle a sumettre un frein à la bestialité des barbares du Nord, etelle a su maîtriser la matière brutale. — Les œuvres desarts du moyen âge nous retracent cet assujettissementde la matière par l’esprit, et c’est là souvent unique-ment leur mission. On pourrait facilement classer lescompositions épiques de ce temps d’après le degré decet assujettissement.
11 ne saurait être ici question des poésies lyriques etdramatiques, car les dernières n’existaient pas, et lespremières se ressemblent aussi fort, dans tous les siècles,que le chant des rossignols se ressemble à chaque prin-temps.
Bien que la poésie épique du moyen âge soit diviséeen poésie sacrée et en poésie profane, ces deux branches