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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ainsi on reconnaît la vertu curative du spiritualismeascétique quand on a jeté les yeux sur les écrits dePétrone et d’Apulée, livres qu’on peut regarder aussicomme les pièces justificatives du christianisme. La chairétait devenue si effrontée dans ce monde de l’empireromain, qu’il fallait tous les aiguillons de la disciplinechrétienne pour la morigéner. Après un repas commecelui de Trimaleion, il fallait une diète comme celle duchristianisme.
Ou bien, comme les voluptueux vieillards qui excitentà coups de fouet leur corps engourdi, la vieille Romeénervée voulut peut-être chercher sous les déchirementsde l’ascétisme monacal ces jouissances raffinées queproduit la torture, et le plaisir qu’on trouve au sein dela douleur ?
Fâcheuse surexcitation! Elle ravit au grand corpsromain ses dernières, forces. Rome ne périt pas par saséparation en deux empires. Au Rosphore comme auTibre, Rome fut dévorée par le même spiritualismejudaïque; et en Asie comme en Europe, l’histoireromaine, dans sa marche lente vers un même but, futune agonie qui dura plusieurs siècles. Le lion de Judadémembré, en gratifiant les Romains de son spiritua-lisme, a-t-il peut-être voulu se venger de l’ennemi vain-queur, comme fit jadis le centaure mourant qui léguaastucieusement au fils de Jupiter la robe teinte de sonpropre sang, qui lui fut si fatale? Et vraiment Rome,l’Hercule des peuples, fut si puissamment consumée par