DE l’aLLEMAGNE.
I8f
profit ce rejet absolu des biens terrestres, cette naïv<humilité, cette béate patience, cette céleste résignation,prêchée par les saints apôtres. Des prédicateurs moinsbonaces ont surgi depuis, et dans leurs paraboles terri-bles, ils démontrent les difficultés pratiques et les dan-gers sociaux des doctrines nazaréennes : ils ne selaissent plus dégoûter du banquet de la vie par ces ap-pels au ciel qu’on leur fait ; ils savent que la matière a.aussi son bon côté , et qu’elle n’appartient pas exclusi-vement au diable, et ils ne repoussent plus les joies dela terre, ce beau jardin de Dieu, notre inaliénable hé-ritage. Aussi, puisque nous comprenons maintenant sibien les conséquences de ce spiritualisme absolu, pou-vons-nous croire que sa puissance sociale n’est pas loinde toucher à sa fin; car chaque époque ressemble ausphinx qui se précipite dans le gouffre dès qu’on a de-viné son énigme.
Nous n’avons toutefois nullement dessein de nier lesbons effets produits en Europe par le dogme catholique.C’a été une réaction nécessaire et bienfaisante contre leterrible et colossal matérialisme qui s’était développédans l’empire romain, et qui menaçait de détruire toutela magnificence intellectuelle de l’homme. Ainsi que lesmémoires graveleux du dernier siècle peuvent servir depièces justificatives à la révolution française; ainsiquele terrorisme d’un comité de salut public peut semblerune médication nécessaire à ceux qui ont lu les confes-sions des grands seigneurs français depuis la régence :
il.
i.