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ŒUVRES DE IIENR1 HEINE.
que votre vieille école pouvait seule le permettre. Desdonnées philosophiques qui servent au besoin à justifierla légitimité et la doctrine de l’incarnation, auraientétouffé votre enthousiasme et paralysé votre courage.Je regarde donc comme un fait très-important dans l’his-toire du monde, que certains missionnaires allemandsqui vinrent alors à Paris pour vous enseigner la philo-sophie allemande, n’en aient pas compris le premiermot. Leur ignorance providentielle fut salutaire à laFrance et à toute l’humanité.
Hélas! la philosophie de la nature qui, dans mainterégion de la science, et surtout dans les sciences natu-relles, a produit les fruits les plus magnifiques, a en-gendré ailleurs l’ivraie la plus nuisible. Pendant queOken, un des plus grands penseurs et un des plusgrands citoyens de l’Allemagne, découvrait de nouveauxmondes d’idées et exaltait la jeunesse allemande pourles droits imprescriptibles du genre humain, pour laliberté et pour l’égalité... Hélas! à la môme époque,Adam Muller enseignait, d’après les principes de la phi-losophie de la nature, qu’il fallait parquer les peuplescomme des troupeaux... A la même époque, M. Gœrresprêchait l’obscurantisme du moyen âge, en partant decette idée philosophique : que l’État n’est qu’un arbre etqu’il doit, dans sa distribution organique, avoir aussi untronc, des branches et des feuilles, ce qu’on trouvait siadmirablement dans la hiérarchie des corporations dumoyen âge... A la même époque, un autre philosophe