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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
dans les annales de la pensée allemande ; car le Schel-ling d’autrefois représente, tout comme Kant et Fichte,une des grandes phases de notre révolution philosophi-que que j’ai comparée dans ces pages avec les phasesde la révolution politique de France. Dans le fait, quandon voit dans Kant la convention terroriste, dans Fichtel’empire napoléonien, on trouve dans M. Schelling cetteréaction qui suivit l’empire. Mais ce fut d’abord unerestauration dans un meilleur sens. M. Schelling rétablitla nature dans ses droits légitimes, il voulut une récon-ciliation entre l’esprit et la nature, il chercha à les réunirtous deux dans l’éternelle âme du monde. Il restauracette grande philosophie de la nature que nous trouvonsdéjà chez les anciens philosophes grecs, avant Socrate.Il restaura cette grande philosophie de la nature qui,germant sourdement de la vieille religion panthéiste desAllemands, annonça dèslestemps de Paracelse, les fleursles plus belles, mais futétouffée par l’introduction du carté-sianisme. Hélas ! et à la fin il restaura des choses par les-quelles il peut encore être comparé dans le plus mauvaissens à la restauration française. Mais la raison publiquene le souffrit pas plus longtemps ; il fut honteusementrenversé du trône de la pensée; Hegel, son major domus,lui enleva sa couronne et le rasa ; et depuis ce temps,Schelling dépossédé a vécu comme un pauvre frère lai,au milieu des prêtraillons de Munich, ville qui conservedans son nom allemand son béat caractère, et s’appelleen latin Monacho monachorum, C’est là que je l’ai vu