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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

mélodie et les belles paroles, et nous ne fûmes pas long-temps à le chanter mieux que le vieillard, car, aux plusbelles strophes, il riait comme un insensé, ou pleuraitcomme un enfant. Il est toujours heureux que de sem-blables têtes grises restent en vie pour apprendre leschants aux jeunes gens. Nous ne les oublierons pas, etquelques-uns d’entre nous les feront chanter aux petits-fils qui ne sont pas encore nés; mais beaucoup de nousauront alors pourri, soit dans les cachots de l’Allemagne,soit dans les mansardes de l’exil.

.Parlons philosophie. J’ai montré plus haut com-ment la philosophie de Fichte, bâtie avec les abstrac-tions les plus menues, offrait néanmoins une inflexibilitéde fer dans ses conséquences qui se portaient aux extré-mités les plus audacieuses. Mais un beau matin nousaperçûmes en elle un grand changement: elle com-mença à s’amollir, à devenir doucereuse et modeste. LeTitan idéaliste qui, avec l’échelle des pensées, avaitescaladé le ciel, et d’une main téméraire avait plongédans le vide céleste, devient maintenant quelque chosede courbé, d’humblement chrétien, qui soupire beau-coup d’amour. C’est la seconde période de Fichte quinous intéresse fort peu ici. Son système entier subit lesplus étranges modifications. C’est à cette époque qu’ilécrivit la Destination de l'homme, qu’on vous a traduitedernièrement. L ’Instruction 'pour parvenir à la viebienheureuse est un livre de même espèce, qui appar-tient également à cette période.