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1 (1863)
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DE LALLEMAGNE.

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le long des maisons; on me dit que c’était le vieuxpoëte Heiberg. J’ai vu aussi naguère la mansarde oùest mort le citoyen George Forster. Un sort plus cruelencore menaçait les amis de la liberté qui étaient restésen Allemagne, si Napoléon et les Français ne se fussentliâtes de nous vaincre. Napoléon ne se doutait certaine-ment pas que lui-même avait été le sauveur de l’idéa-lisme. Sans lui, le gibet et la roue auraient fait bonneraison de nos philosophes et de leurs idées. Pourtant leslibéraux allemands, trop républicains pour courtiserNapoléon, trop généreux pour s’allier avec la domina-tion étrangère, s’enveloppèrent dans un profond silence;ils se traînèrent tristement, le cœur brisé, les lèvresfermées. Quand Napoléon tomba, on les vit sourire,mais de mélancolie, et ils se turent encore; ils ne prirentaucune part à l’enthousiasme patriotique qui, avec per-mission des autorités supérieures, fit alors explosion enAllemagne; ils savaient ce qu’ils savaient, et se turent.Comme ces républicains mènent une vie chaste et fru-gale, ils parviennent d’ordinaire à un âge très-avancé, etquand la révolution de juillet éclata, beaucoup d’entreeux étaient encore de ce monde, et à notre grande sur-prise nous vîmes ces vieux originaux, qui avaient tou-jours apparu courbés et taciturnes, relever la tête, sou-rire amicalement à nous autres jeunes gens, nous serrerles mains et conter de joyeuses histoires. J’en entendismême un chanter; car il nous chanta dans un cafél’hymne marseillais, et c’est là que nous en apprîmes la