DE L’ALLEMAGNE.
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disait : « Un seul homme m’a compris; » mais il ajoutaaussitôt : « Et encore celui-là ne m’a-t-il pas comprisnon plus. »
Considérée dans le fond, dans sa valeur intrinsèque,la philosophie de Fichte n’a pas une grande importance.Elle n’a fourni à la société aucun résultat; c’est seule-ment parce qu’elle est, avant tout, l’une des phases lesplus remarquables de la philosophie allemande; parcequ’elle manifeste la stérilité de l’idéalisme dans ses der-nières conséquences, parce qu’elle forme la transitionnécessaire à la philosophie actuelle, que la doctrine deFichte est de quelque intérêt. Ainsi cette doctrine étantplus importante sous les rapports historique et scien-tifique que sous le rapport social, je la résumerai en peude mots.
La question que Fichte se propose est celle-ci : Quellesraisons avons-nous d’admettre que nos notions deschoses répondent aux choses qui sont hors de nous? Etil résout cette question de la manière suivante : Toutesles choses n’ont leur réalité que dans notre esprit.
La Critique de la raison pure avait été l’ouvrage ca-pital de Kant; la Doctrine de la science fut celui deFichte. Le second ouvrage est comme une continuationdu premier. La Doctrine de la science fait rentrer égale-ment l’esprit en lui-même. Mais là où Kant analyse,Fichte construit. La Doctrine de la science commencepar une formule abstraite (Moi = Moi); elle tire lemonde du fond de l’esprit; l’intelligence revient sur ses
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