DE l’aLLE MA GRE.
Mi
que j’ai à en parler ici. Je dirai ailleurs son importancequant, à Part allemand : il a introduit une réforme salu-taire, non-seulement par sa critique, mais encore parson exemple, et cette face de son activité est celle qu’onmet en lumière et qu’on prise le plus ordinairement.Nous le considérons, nous, sous un autre pdint de vue,et ses luttes philosophiques et théologiques nous inté-ressent plus que sa dramaturgie et que ses drames.Ceux-ci ont pourtant, comme tous ses écrits , un senssocial, et Nathan le sage n’est pas seulement, au fond,une bonne comédie , c’est aussi un traité philosophico-thoologique en faveur du déisme pur. L’art fut pourLessing une autre sorte de tribune, et quand on lui fer-mait le prêche et la chaire il s’élançait sur la scène, yparlait plus clairement encore et conquérait un publicbien plus nombreux.
Je dis que Lessing a continué Luther. Celui-ci nousayant délivrés de la tradition et constitué la Bible, sourceunique du christianisme, il s’établit un culte sec de lalettre, et cette lettre de la Bible régna aussi tyrannique-ment qu’autrefois la tradition. C’est à nous délivrer decette lettre tyrannique que Lessing a le plus contribué.Comme Luther, qui ne fut pas tout à fait seul à com-battre la tradition, Lessing combattit, non pas seul à lavérité, mais avec le plus de vaillance, contre la lettre;sa voix retentit la plus sonore dans la bataille. C’est làqu’il agite son glaive avec le plus d’ivresse, et ce glaiveéclaire et tue; mais c’est aussi là que Lessing est le plus