DE L’ALLEMAGNE.
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lrice sur des objets qui avaient été si chers à ses an-cêtres , et pour lesquels tant de sang, tant de larmes demartyrs avaient coulé ? Je ne le crois pas. Comme lesrois de la matière , les rois de l’esprit doivent s’endurcircontre les sentiments de famille ; et sur le trône de lapensée on doit également se garder de céder à unedouce sensiblerie. Aussi je croirais plutôt que MoïseMendelsohn vit dans le mosaïsme pur une institution quipouvait servir au déisme comme un dernier retranche-ment; car le déisme était sa foi la plus intime et sa plusprofonde conviction. Quand son ami Lessing mourut etqu’on l’accusa de spinosisme, d le défendit avec le zèlele plus inquiet, et, dans cette occasion, il se fâcha à enmourir.
Je viens d’écrire pour la seconde fois le nom del’homme qu’aucun Allemand ne peut prononcer sansentendre dans son sein un écho plus ou moins sonore.Mais depuis Luther, l’Allemagne n’a pas enfantéd’homme plus grand ni meilleur que Gotthold EphraïmeLessing; tous deux sont notre orgueil et notre joie.Dans l’affliction du présent, nous élevons'nos regardsvers leurs images consolatrices, et nous lisons dansleurs yeux de brillantes prophéties. Oui, il viendra cer-tainement le troisième libérateur qui achèvera ce queLuther a commencé et ce que continua Lessing; il vien-dra le troisième libérateur!... Je vois déjà son armured’or étinceler dans sa pourpre impériale, comme le so-leil dans le manteau rouge du matin.