DE L ALLEMAGNE.
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abstraction faite de toute leur valeur, contenaient beau-coup de souvenirs qui n’étaient plus de saison: cesvieux accords, ces ranz de vaches du moyen âge, pou-vaient rappeler, par la sensibilité, le peuple aux établesdu passé. Il tenta, comme Ulysse, de boucher les oreillesde ses compagnons, pour qu’ils n’entendissent point leschants des sirènes, s’inquiétant fort peu qu’ils demeu-rassent sourds désormais aux roulades innocentes durossignol. Pour purger radicalement des vieilles roncesla terre du présent, le pauvre homme pratique se faisaitpeu scrupule d’en arracher en même temps les fleurs.Cette méprise souleva contre lui le parti des fleurs et desrossignols, et tout ce qui appartient à ce parti, la beauté,la grâce, l’esprit et la bonne plaisanterie ; et le pauvreNicolaï succomba.
Aujourd’hui les circonstances sont changées en Alle-magne , et le parti des fleurs et des rossignols est étroi-tement lié avec la révolution. L’avenir nous appartient,et déjà commence à poindre l’aurore de la victoire. Sijamais ce beau jour inonde de ses rayons notre patrieentière, nous penserons alors aussi aux morts; nouspenserons certainement à toi, vieux Nicolaï, pauvremartyr de la raison ! Nous porterons tes restes au Pan-théon allemand, au milieu d’un cortège triomphal, etavec des chœurs de jnusique où l’on prendra la précau-tion de n’y mêler aucun sifflet; nous déposerons sur toncercueil la couronne de lauriers convenable, et nousprenons même l’engagement de le faire sans rire.
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G.