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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
mêmes dispositions, et qui a su s’en garantir ? Croyez-vous donc qu’un jeune homme, romain ou grec, se fûtainsi tué, et pour la même cause? Certainement, non.Ceux-là savaient se garder tout autrement des extrava-gances de l’amour; et, au temps de Socrate, une sem-blable... qui pousse... eût à peine... été pardonnée àune fillette. Enfanter de ces originaux chétivementgrands, méprisablement précieux, n’était réservé qu’auchristianisme, qui voudrait transformer un besoin ducorps en perfection spirituelle. Ainsi, cher Goethe, en-core un petit chapitre pour finir, et le plus cynique serale meilleur. »
Le brave Nicolaï nous a réellement fait cadeau d’uneédition de Werther, corrigée d’après cette donnée. Danscette nouvelle version, le héros ne s’est pas tué, maisseulement souillé de sang de poulet; car le pistolet, aulieu d’être chargé avec du plomb, ne l’était qu’avec unevessie de sang. Werther devient ridicule, continue àvivre, épouse Charlotte, bref, finit plus tragiquementencore que dans l’original de Goethe.
La Bibliothèque universelle allemande fut le journalque Nicolaï fonda, et dans lequel lui et ses amis com-battirent la superstition, les jésuites, les laquais au-liques, etc., etc. On ne peut nier que maint coup destinéà la superstition ne soit malheureusement tombé sur lapoésie. C’est ainsi que Nicolaï combattit l’amour qui seréveillait pour les poésies populaires du vieux temps, etpourtant au fond il avait encore raison ; car ces chants,