gnation stupide; sa chair se résigne, parce que l’espritne lui vient pas en aide. Il en est tout autrement enAllemagne, et les révolutionnaires allemands se trom-pent, quand ils s’imaginent qu’une philosophie maté-rialiste y favorisera leurs projets.
L’Allemagne a toujours manifesté de l’éloignementpour le matérialisme : aussi devint-elle pendant un siècleet demi le véritable domicile de l’idéalisme. Les Allemandsaussi sont allés à l’école chez Descartes, et son grand dis-ciple eut nom Gottfried Wilhelm Leibnitz. Celui-ci suivitla tendance idéaliste du maître, comme Locke en avaitchoisi la tendance matérialiste. C’est chez Leibnitz quenous trouvons de la manière la plus déterminée la doc-trine des idées innées. Il combattit Locke dans ses Nou-veaux Essais sur l’entendement humain. Avec lui éclatachez les Allemands une grande ardeur pour les étudesphilosophiques. Il éveilla les esprits et les conduisit dansde nouvelles voies. La douceur intime, le sentimentreligieux, qui animaient ses écrits, réconcilièrent jusqu’àun certain point avec sa hardiesse les esprits récalci-trants, et l’effet en fut prodigieux. La hardiesse de cepenseur se montre surtout dans sa doctrine des mo-nades, hypothèse des plus remarquables qui soit sortiede la tête d’un philosophe. C’est ce qu’il a fait de mieux,car on y voit déjà poindre le pressentiment des lois lesplus importantes que notre philosophie actuelle ait re-connues. La doctrine des monades n’était peut-êtrequ’une faible manière de formuler les mêmes lois qui