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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ont été proclamées de nos jours en de meilleures for-mules par les philosophes naturalistes. Je devrais mêmeici, au lieu du mot lois, n’employer, à proprement par-ler, que celui de formules ; car Newton remarque avecune grande justesse que ce que nous nommons loi dansla nature n’existe pas, et que ce ne sont que des for-mules qui viennent au secours de notre intelligencepour expliquer une suite de faits dans la nature. LaThéodicée est de tous les écrits de Leibnitz celui dont ona le plus parlé en Allemagne. C’est pourtant sa plusfaible production. Ce livre, comme quelques autresécrits où s’exprime le sentiment religieux de Leibnitz,lui valut un mauvais renom et l’a fait bien cruellementméconnaître. Ses ennemis l’accusèrent de faiblesseintellectuelle et de sensiblerie, et ses amis, pour le dé-fendre, le présentèrent comme un hypocrite rusé. Lecaractère de Leibnitz demeura pendant longtemps cheznous un sujet de controverse : les plus bienveillantsn’ont pu l’absoudre de l’accusation de duplicité ; ceuxqui le décrièrent le plus furent les esprits forts et lesamis des lumières. Comment pouvaient-ils pardonner àun philosophe d’avoir défendu la Trinité, les peineséternelles de l’enfer et la divinité du Christ? Leur tolé-rance ne s’étendait pas aussi loin. Mais Leibnitz ne futni un sot ni un misérable, et de sa hauteur harmo-nique il put fort bien défendre intégralement le chris-tianisme. Je dis intégralement, car il le défendait contrele semi-christianisme. 11 montra que les orthodoxes