DE LALLEMAGNE.
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une autre acception ces dernières dénominations, jedois, pour prévenir toute confusion d’idées, tout mal-entendu, bien définir ce que j’entends par ces deuxexpressions.
Il existe, depuis les temps les plus reculés, deux opi-nions opposées sur la nature de la pensée humaine, c’est-à-dire sur les sources dernières de la connaissanceintellectuelle, sur l’origine des idées. Les uns soutiennentque nous ne recevons nos idées que du dehors, que notreesprit n’est qu’un alambic vide où s’élaborent les im-pressions recueillies par les sens, à peu près comme lanourriture apportée dans notre estomac. Pour employerune meilleure image, ces gens considèrent l’espritcomme une table rase, où l’expérience écrit successi-vement et chaque jour quelque chose de nouveau,d’après certaines règles graphiques déterminées. Lesautres, qui professent des vues opposées, soutiennentque les idées sont nées dans l’homme, que l’esprit hu-main est le siège originaire des idées, et que le mondeextérieur, l’expérience et les sens, qui sont les intermé-diaires, ne nous amènent qu’à reconnaître ce qui étaitdéjà déposé dans notre esprit, et ne font qu’y éveiller lesidées sommeillantes.
La première doctrine a reçu le nom de sensualisme,quelquefois d’empirisme ; on a nommé l’autre spiritua-lisme ou bien encore rationalisme. Cependant il peutfacilement résulter des malentendus de ces dénomina-tions. Nous désignons aussi depuis quelque temps sous