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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
s’est manifestée dans la vie réelle des peuples chrétiens.Ni Baronius, le cardinal catholique, ni Schrœckh, leconseiller auliqueprotestant, n’abordent cette idée. Feuil-letez toute la collection des actes des conciles, le codede la liturgie, toute l’histoire ecclésiastique de Saccarelli,vous n’apprendrez pas ce que fut l’idée du christianisme.Que voyez-vous dans la soi-disant histoire des églisesd’Orient et d’Occident ? Dans la première, des subtilitésdogmatiques, à l’aide desquelles les vieux sophistes grecscherchent à se renouveler ; dans la seconde, rien quedes questions de discipline, des querelles que font naîtreles intérêts ecclésiastiques, et où l’esprit casuistique desanciens Romains se manifeste de nouveau. Gomme ons’était disputé à Constantinople sur le logos , on se batà Rome pour les rapports des puissances temporelle etspirituelle ; là on s’attaque sur homousios , ici sur l’in-vestiture. Mais les questions byzantines :
Si le logos est homousios à Dieu le père?
Ou si Marie doit être appelée mère de l’homme ou mèrede Dieu ?
Si le Christ manquant d’aliments devait mourir defaim, ou s’il n’avait faim que parce qu’il voulait avoirfaim ? Toutes ces questions ne s’appuyaient au fond quesur des intrigues de cour, et la solution dépendait dece qui se passait à la sourdine dans les petits apparte-ments du palatii sacri. Tout se rapporte à des caquetsde femmes et d’eunuques. Il y a un homme au fond dechaque question, et dans l’homme un parti qu’on sert