DF. L’ALLEMAGNE.
9
ment lié à l’ancien régime. L’un ne pouvait êlre ébranlétant que l’autre eût continué d’exercer son influence surla multitude. Il fallut que Voltaire fit entendre son riretranchant avant que Samson pût laisser tomber sa hache.Mais le rire de Voltaire n’a rien prouvé; il a produit uneffet tout brutal, comme l’ignoble hache de Samson.Voltaire n’a fait que blesser le corps du christianisme :tous ses sarcasmes, puisés dans l’histoire de l’église ;toutes ses épigrammes sur le dogme et le culte, sur laBible, ce saint livre de l’humanité, sur la Vierge Marie,la plus belle fleur de la poésie ; tout ce carquois, hérisséde flèches philosophiques qu’il décocha contre le clergéet la prêtrise, ne blessa que l’enveloppe mortelle duchristianisme, et non pas son essence intérieure; il neput atteindre ni les profondeurs de son génie ni sonâme immortelle.
Car le christianisme est une idée ; et, en cette qualité,il est indestructible, immortel, comme le sont les idées.Mais cette idée, qu’est-elle ?
C’est parce qu’on n’a pas encore conçu clairement celteidée, parce qu’on a pris ses formes extérieures pour saréalité, qu’il n’existe pas une histoire du christianisme.Bien que deux partis opposés écrivent l’histoire de l’église,et se contredisent constamment, ils sont cependant d’ac-cord en cela qu’ils ne disent précisément ni l’un ni l’autrece qu’est après tout cette idée qui fut l’essence du chris-tianisme , cette idée qui s’efforce de se révéler dans sasymbolique, dans son dogme et dans son culte , et quii. 1.