DE LA PREMIÈRE EDITION.
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fin prochaine de leur souveraineté romantique ? C’est ce quej’ignore. Mon but principal, en parlant de cet événement dansla littérature française, est seulement de déclarer que je n’aipas entendu la fronder directement ni indirectement, quandj’ai parlé, dans ce livre, en termes un peu durs, d’un faitsemblable qui s’est passé en Allemagne. Les écrivains alle-mands qui relevèrent le moyen âge se proposaient un autrebut, comme on le verra dans ces pages, et l’effet qu’ils purentproduire sur la grande masse compromit la liberté et le bon-heur de ma patrie. Les écrivains français n’eurent en tout cecique des intérêts artistiques, et le public français ne voulutque satisfaire sa curiosité. Le plus grand nombre n’alla regar-der dans le sépulcre du passé qu’à dessein d’y chercher uncostume intéressant pour le carnaval. La mode du gothiquen’était en France qu’une mode, et ne servait qu’à rehausserla joie des temps présents. On laisse flotter ses cheveux enlongues boucles de moyen âge ; mais il suffit d’une observa-tion distraite du coiffeur qui vous dit que cela va mal, pourqu’on se fasse abattre du même coup de ciseaux la cheveluremoyen-âge et les idées qui s’y rattachent, Hélas ! c’est touteautre chose en Allemagne. La raison en est que le moyen âgen’y est pas entièrement mort et décomposé comme chez vous.Le moyen âge allemand ne gît point pourri dans son tombeau ;il est souvent animé par un méchant fantôme ; il apparaît aumilieu de nous à la pleine clarté du jour, et suce la vie la pluscolorée de notre cœur.
Hélas! ne voyez-vous pas comme l’Allemagne est pâle ettriste, et avec elle la jeunesse allemande, naguère encore sijoyeusement enthousiaste ? Ne voyez-vous pas le sang à labouche du vampire plénipotentiaire qui réside à Francfort, ety suce avec une si horrible et ennuyeuse patience le cœur dupeuple allemand ?
Ce que j’ai dit du moyen âge s’applique encore tout parti-