Des Tournois.
L'institution des tournois est tres-ancienne, quoique plu-sieurs auteurs s’accordent ä en donner i’invention ä Geoffi oyde Preuilly, en 1066; mais il parait certain que cebaron neJit que renouveler ä cetle>6poque ies r^glemens de cet exer-cice , en y ajoutant de nouveiles manoeuvres.
Ce genre d’amuseraent elait particulierement affeciionnepar la uoblesse en ternps de paix. On s’y exercait ä manierja lance et l’<§p£e, ä bien se servir du bouclier, etprincipa-jement ä se tenir ferme ächeval, et ä soutemr ies plus vio-lens assauts saus se laisser dbsarconner.
Les Chevaliers qui tournoyaient, Etaient tellement equipesde loutes pi&ces, qu’ils etaient invuludrables; aussi avaient-ils besoin d’une grande adresse pour se mainlenir ä cheval,car une fois qu’ils dtaient ren verses ä terre, ils ne pouvaientplus se relever, et ils etaient en danger d’etre foules par lespieds de leurs propres clievaux ; ce qui dtait tres-frequentdans les combats, et ce dont 011 peut aisement se convainc.re,si l’on veut se donner la peiue ’d’examiner la statue de Ro-bert , que je viens de decrire.
.11 est donc certain que les tournois etaient une ecole oüla jeunesse s’exercait ä l’art miliraire; c’est pour cela que lesanciens auteurs dösignent ce genre d’amusernent sous le uomde Jeu v militaires, Exerchces militaires, ou preparation äla guerre, et ce 11’est que depuis qu'on inlroduisit dans cetexercice une manoeuvre toumoyante, qu’il prit le uom detournois.
II y avait des prix pour ceux qui combattaient le mieux;l’on nommait des juges pour examiuer les armes des com-battans qui devaient entrer en lice, et pour adjuger les prixä ceux qui les meritaient.
« Les che.valie.rs tournoyent cTepe.es rabatues, dit un an-cien auleur, les taillans et pointes rompues, et des bätonstels qua tournois appaitient et devoient j'rapper de haut enbas, sans tirer ne sans sagnier. » Ces dpees se nommaientglaives courtois, armes courtoises. Les Chevaliers qui man-quaient aux röglemens , perdaient le prix ,• et payaient uneamende.
II est communiSment recu que lesannoiries ont pris nais-sance dans les tournois, et que les Chevaliers prirent ehacunune couleur diflerente , des döcorations d’or ou d’argent,qu’ils appliquerent sur leur cotte d’armes et sur leur £cu ,pour se dislinguer et se reconnaitre en eombaUant.