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V I T RU V E
C H à* IL cilcmtnt l'ceil quand il regarde de bas en haut. Car comme l'œil aime ce qui cft beau, fi on Ane le flatte par le plailir qu'il reçoit des proportions convenables qui viennent de l'augmen-tation des modules, & fi l'on ne remédie par cet accroifTement a la tromperie que leloi-gnement fait, un ouvrage paroiftra toujours mal-fait & defagreable,° Pour ce qui eft de k * l'accroifTement qu'on ajoufte l6 au milieu des colonnes qui eft ap- *
tromperie, Quoy qu'il en foit cette règle ne fe trouve point Ecriture -, & il aime tellement ce renflement qu'il ne fçau-
avoir elle pratiquée dans les Ouvrages de l'antique qui fe toit fouffrir ceux qui ne l'approuvent pas, il va mefme'juC
voyent à Rome , où les grandes & les petites Colonnes qu'à aflurer que les arbres font plus gros par le milieu que
n'ont point leur diminution différente , Se où mefmc quel- par le bas , n'ayant rien autre chofe a répondre au puiflànt
qucfois les grandes en ont davantage que les petites -, ainfî argument qui fe tire de la proportion des arbres. Il paroift
que je le fais voir dans le traité que j'en ay donné au public cependant que les plus célèbres Architectes ont efté dans un
de l'Ordonnance des cinq efpeces de Colonnes fuivant laméthode des Anciens, au VIL chap, de la féconde Partie.L'accroissement qu'on ajouste. Cet ac^
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croïffement qui eft appelle Enufu en Grec & RenfltmntenFrançois , eft fait pour imiter à ce qu on dit, la hgure ducorps d'un homme qui eft plus large au droit du rentre, que
fentiment contraire , puifqu il ne fe trouve aucun exempledans les Ouvrages antiques qui font à Rome où ce ren- «flement ait efté pratiqué -, & qu'il eft mefme vray que la **plus grande partie des Colonnes dans ces excellens Edificescommencent à avoir leur diminution dés le bas.
Or les règles que Vitruve promet de donner pour faire ce
VerVÛ t'êftefe" "versies" 'piez La°plufpart des Auteurs de- renflement, & qui font perdues , ont efté diversement fup^faprouvent c? renflement à l'égard du rétrecilfement par plées par les Architectes. La plus ordinaire eft de divifer enfcmbas ,& ils oppofent à la comparaifon du corps^e l'hom
me, celle du tronc des arbres qui ont efté le premier Se leplus naturel modèle de la tige des Colonnes, comme Vitru-ve enfeigne au premier chapitre du cinquième Livre. Et cequi eft plus confiderable que ces comparailons , la railonveut que les Colonnes qui font faites pour fouftenir ayentune figure qui les rende plus fermes , telle qu'eft celle^qm
trois la tige "de la Colonne , qui dans la Planche X Vil. eftmarquée A I,& ayant partagé les deux tiers d'enhaut A G enautant de parties égales que l'on veut,partager auffi en autantde parties le retrecefitllement H F : mais ces parties doiventeftre inégales, & leur mefure fe prend en cette manière. Ontrace un cercle dont le centre eft G, & la mefure de fon Dia-mètre eftprife fur celuy de la Colonne à l'endroit où elle
d un empâtement plus large va toujours en fe retrecirtant. eft plus enflée fçavoir'de F à C On dmfe la portion de cePhilander , Palladio, Serlio, de Lorme, Scamozzi, V Vot- cercle qui eft depuis F ,ufqu a 1 endroit ou il eft coupe par la
ton
wu , & la plufpart des Architecte , n'ont point enfeigne ligne du retreceffiffemenr E H en autant de parties égales
ny pratiqué ce renflement , il n'y a prefque qu'Alberti qui qu il y en a dans les deux tiers d enhaw , & ayant tire des <-
l'I fait avec un tel excès , que cela éft une des raifons Air lignes parai des fuivant ces divifions, on marque a leurs in-
lcfquelles Scamozzi s'eft fondé , quand il a dit que cet Au- terfeftions des points par lefquels on conduit une règle mm-
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& encore a latin du chapitre ^_ .. . , -. . - r
mefuredel'entre-deuxdescannelurcsdoiteftrepnfefurcel- ne qui eft fort ingemeufe , mais qui ne va qua marquer
ledurenflementdelaColonne. les points de la diminution en quelques endroits feule-
VUlalpar.de pretend que Vitruve n'a point donné ce pre- ment , fuivant lefquels il courbe une règle flexible pour
cepte du renflement des Colonnes , comme l'ayant trouve former le contour de la ligne de diminution Mais Monfieur
dans les Livres ou dans les Ouvrages des anciens Archi- Blondel un des Profefleurs Royaux en Mathématique eft le
V cte, mais comme l'ayant appris par la lecture de la fainte premier qui a enfeigne le moyen de tracer cette ligne tout
EXPLICATION DE LA PLANCHE XVII.
La premiere Figure efl pour faire 'voir comment le jour & /' ombre peuventfaire paroitre les Colon-nes plus grofes ou plus menues felon quelles font plus ou moins ferrées s les Colonnes A& £ paroif-fantplus menues que les Colonnes C&D> quoy qu ellesfoient d'une égale groffeur.
La féconde Figure cfipour la diminution du haut des Colonnes _ on l'a mife pour fuppléer au défautde celle que Vitruve promet, ft) qui a efté perdue de mefme que toutes fes autres Figures.
La troifiéme efl l'infirument que Nicomede inventa pour tracer la ligne que Ion appelle la premierefoncho'ide i & dont on fe peutfervir pour tracer la ligne de toutes les fortes de diminutions des colonnes.
La quatrième Figure eft le petit Compas pour les grands Cercles. A. la plus grande roue attachée àl'Axe marquée BHI. C. l 'autre rouequi cftplus petite _ & qui peut couler le long de l'Axe &eftre arreftée par la vis D fur le degré qui marque le Diamètre du Cercle, de la circonférence du-quel on veut décrire une portion. Ces roues ont chacune deux trench ans dont l'un eft aigu pour mar-
qui font les traces. H I. eft l'Echelle gravée fur l'Axe ou font les degre^qui marquentles toi fes , les fie^ f0 les pouces qua le Diamètre du Cercle dont on veut décrire une portion. Carà mefure qu'on fait approcher la roue mobile C de l'extrémité I de l'Axe, la Machine décrit la portiond'un plus grand cercle . & on en voit la raifon qui eft que ces deux roues reprefentent un cone tron-qué dent la portion eft celle d'un cone plus long a proportion que les rôties font plus éloignées l'une del'autre. Or l'on fiait que de deux cones qui ont une mefme bafe 3 celuy dont lefommet eft plus éloi-gné de la bafe . décrit avec la circonférence de fa bafe un plus grand cercle lorfqu'on le fait roulerfur un Plan »que ne fait celuy dont lefommet eft plus proche de la bafe ®> qui eft plus court.