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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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16
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Chas.HI.

V Ï T R XT V &

CHAPITRE 1 I t.

À,

Des parties de Î Architecture qui font , la Difiribution des Edifices publicst$ particuliers , la Gnomonique & la Mécanique,

* 1 'Architecture a trois parties ; Ravoir, la Conftru&ion des Baftimens , la *

U. j Gnomonique & la Mécanique. La Conftruction des Baftimens ordonne deux fortes•d'Edifices, qui font les Remparts avec les autres Ouvrages publics, &: les Maifons des par-ticuliers : Les Ouvrages publics font de trois fortes : car ils fe rapportent ou à la Seureté ,ou à la Pieté, ou à la Commodité du peuple. Les Baftimens qui font faits pour la Seuretéfont les Remparts, les Tours , les Portes des Villes & tout ce qui a efté inventé pour fervir Bde défenfe perpétuelle contre les entreprifes des ennemis» La Pieté du peuple fait éleveren divers lieux des Temples aux Dieux immortels > & la Commodité fait entreprendre laConftru&ion de tous les Edifices qui font pour l les ufages publics, comme des Portes , *des Places publiques, des Portiques, des Bains, des Theatres & des Promenoirs. En tou-tes fortes d'Edifices il faut prendre-garde que la Solidité, l'Utilité & la Beauté s'y rencon-trent. ' Pour la Solidité , on doit avoir principalement égard aux fondemens qui doivent *cftre creufez jufqu'âu folide, & eftre baftis des meilleurs matériaux qui fe pourront choifirfans rien épargner. L'Utilité veut que l'on difpofe l'Edifice fi à propos que rien n'empef-che fonUfage ; enforte que chaque chofe foit mife en fon heu , & qu'elle ait tout ce quiluy eft propre & neceflfaire. Et enfin la beauté pour eftre accomplie c 1 "ns unBaftiment, de-mande que fa forme foit agréable Se elegante par la jufte proportion de toutes fes parties.

i. L'ArchitectURï ATRftis p A.B.T1 es. Ce chapi- de l'Utilité au 7. clr p. du 6. livre, Sr de la Beauté dans touttreeft un fommaire de tout l'ouvrage qui eft divifé en trois le 7. livre , au moins pour ce qui regarde les ornemens departies. La premiere regarde la Conftruction des Baftimens peinture & fculpturc : Car pour ce qui regarde la proportion

dont il eft traité dans les huit premiers livres» La fécondecft pour la Gnomonique qui traite du cours des Aftres & dela confection des Cadrans & des Horloges ^ ce qui eft traitédans le 9. livre : Et la troifiéme eft pour les Machines quifervent à l'Architecture & à la Gueire ; ce qui eft traitédans le dernier livre. La partie qui traite des Baftimens eftdouble , car les Baftimens font, ou publics , ou particuliers.

qui eft un des principaux fondemens de la beauté, certe par-tie fe trouve traitée dans tous les endroits de l'Ouvrage,

i.PouB. les Usages Pub li es. J'ay reftitué cet en-droit fuivant un ancien Manufcrit ou il y a c mrnunittm ! oco-rum , au lieu de omnium locorum qui fe lit dans les exem-plaires imprimez.

3. Pour la solidité'. La fteonde divifion queIl eft parlé des particuliers au 6. livre. Pour ce qui eft des Vitruve fait icy de l'Architecture en trois parties, n'ajoufteBaftimens publics , la partie qui en traite eft encore divifée tien à la premiere divifion qu'il a déjà faite dans l'autreen trois, qui font, celle qui appartient à la Seureté qui con- Chapitre, que la Sol dite: car la Beau té,Se l'Utilité ou Com-fiftedans les Fortifications des villes dont il eft traité au j. modité font comprifes dans l'Ordonnance & dans la Lif-chap.de ce livre ; celle qui appartient à la Religion, c'eft- polîtion faite avec Proportion & Bien-feance. Cen'eft pasà-dire aux Temples dont il eft traité dans le 3. & le 4. livre, que l'Ordonnance, la Diipcfuion & la Proportion ne corn-ée celle qui appartient à la Commodité publique dont il eft prennent auffi en quelque forte la Solidité , mais il y atraité au 5. & au 8. livre. Il y a encore trois chofes qui ap- beaucoup de chofes qui appartiennent à la Solidité , quepartiennent généralement à tous les Baftimens qui font la l'Ordonnance, la Difpofition & la Proportion n'enfermentSolidité , l'Utilité ou Commodité , & la Beauté dont il eft point -, telle qu'eft la condition des matériaux & le mélangstraité, fçavoir de la Solidité dans l'onzième chap.duô.livre, qui s'en fait.

D

CHAPITRE

I V.

Comment on peut connoifire fi un lieu efifain 3 1 & ce qui l'empefche de l'efire, *

Chap. IV. d~\^ A N D on veut baftir une Ville, la premiere chofe qu'il faut faire eft de choifir unV J lieu fain. Pour cela il doit eftre en un lieu élevé, qui ne foit point fujet aux brouil-lards & aux broiïines, & qui ait une bonne temperature d'air, n'eftant expofé ny au grand £chaud, ny au grand froid. Déplus il doit eftre éloigné des marécages: Car il y auroit àcraindre qu'un lieu dans lequel au matin le vent poulferoit fur fes habitans les vapeurs quele Soleil en fe levant auroit attirées de l'haleine infecte & veneneufe des animaux qui s'en-

1. Et cequil'empeschedel'esTrb. Tous lesExemplaires dans le titre de ce Chapitre après , qm obfintpilubriuti, ont ces mots, & unde lumini cœçiantur. Barbaroqui les avoir obmis dans fa Traduction Italienne , les a misdans fa féconde edition Latine, j'ay fuivy fon premier def-fein dans ma traduction, pareeque ce chapitre ne parle qu'enpartant, Se comme par exemple des Jours que l'on doit don-

ner'aux celliers & aux greniers -, & d'ailleurs je n'ay pas crûdevoir faire confeience de toucher aux titres, eftant confiantqu'ils ne font point de l'Auteur , qui n'a divisé fon ouvraaeque par livras , felon la couftume de fon temps qui n'eftoitpoint de partager les livres en chapitres , fections , articles& paragraphes -, ny d'y mettre des titres & des fommaires,comme nous faifons.

gendrent