P R E F A C E.
Mais on a efté contraint de laiffer quelquefois les mots Latins ô\C les Grecs dansle texte, lorfqu' ils nauroient pu eftre rendus en François que par de longues cir-conlocutions , qui font importunes quand on a befoin d'un feul mot : Par exem-ple on a laine A bies au lieu démettre une efpece de Sapin qui ales f ointes de/espommes tournées vers le Ciel ; O deum 3 au lieu ai un petit Theatre qui eft oit fait pourentendre les Muftciens lorfqu'ils difputoient un prix i Pnigeus , au lieu de cette partiedelà machine Hydraulique qui eft oit faite comme une hotte de cheminée. On a enco-re efté obligé de laiffer des mots dans le texte fans les traduire, lorfqu'il s'agit d'E-tymologie, par exemple : quand Vitruve dit que le mot Columna vient de Colu-men \ on n'auroit pas pu dire que Colonne eft un mot qui vient de Poinçon , quieft le mot François qui fignifie Columen.
Tout ce qui eft à la marge, tant Grec que Latin ou François, eft d'un chara-cbere Italique, de mefme que les mots du texte , qui ont rapport avec ceux de lamarge , foit qu'ils foient Grecs, foit qu'ils foient Latins ou François -, comme aufïitous les mots du texte que l'on a efté obligé de laiffer en Grec ou en Latin, ou quiont rapport avec ceux de la marge, foit qu'ils foient Grecs, ou Latins, ou Fran-çois 5 afin d'avertir Se de faire entendre ou qu'ils ne font pas François, ou qu'ilsont rapport enfemble, &c qu'ils s'expliquent les uns les autres : par exemple quandil y a , l'Ordonnance qui eft apellée Taxis par les Grecs ; la Difpofition qui eftce qu'ils nomment Diathejls ; \'Eurythmie ou Proportion ,• la Bienfèance j àc la Di-ftribution, qui en Grec eft apellée Oeconomia , &:c. Les mots Grecs Taxis , Dia-thefts &c Oeconomia qui ont dû eftre lainezen Grec dans le texte, ont efté écritsen Italique, pour faire connoiftre qu'ils ne font pas François -, Eurythmie 3 Propor-Hon & Bienfèance font auiïi en Italique, parce qu'ils ont rapport aux mots quifont à la marge, fçavoir à Proportion qui eft l'explication d 5 Eurythmie , à Symme-tria &c à Decor dont proportion &C Bienfèance font l'explication. Mais fi quelquesmots écrits en Italique, comme Taxis ôC Diathefts , n'ont point d'explication àla marge, c'eft parce que l'explication en eft dans le texte.
Il faut encore remarquer que les mots Grecs ou Latins qui font expliquez dansle texte font mis avec leur terminaifon naturelle, parce qu'il n'auroit pas efté àpropos de dire, l'Ordonnance que les Grecs apellent Taxe , la Difpofition quieft ce qu'ils apellent Diathefe : mais quand on a dû laiffer le mot Grec ou Latindans le texte, feulement par la raifon que noftre langue n'en a point d'autre, oh amis l'explication à la marge, &; on luy a donné une terminaifon Françoife, à l'i-mitation de ce que l'ufage a déjà étably en plufieurs autres mots Grecs , commeen Phyfique 3 Rhétorique > Phyfionomie. Mais on a eftimé qu'on n'en devoit uierainfi qu'aux mots à qui l'ufage commun a fait cette grace,tels que font par exem-ple, Sty lob at a, Echinus 3 Aftragalus , Thorns 3 Tympanum 3 Acroterium 3 Denti-culus 3 Mutulus j &c . que les Architectes expriment ordinairement par Stylobate,Echine , Aftragale 3 Thore 3 Tympan 3 Acrotere 3 Denticule 3 Mutule 3 &c. Lesautres qui n'ont point encore ce privilege ont efté lailfez avec les terminaifonsGrecque &c Latine, comme Gnomon , Amufium 3 Manucla 3 Pnigeus 3 Camil-lum 3 Replum , Buccula , &c. 8c" l'on a crû que cela embarafferoit moins le dis-cours, que fi l'on avoit mis Gnome 3 Camille 3 Buccule : parce que la terminaifonétrangère faifant connoiftre d'abord que les mots ne font point François, l'efpritne fe met point inutilement en peine de les entendre \ comme il arrive quand uneterminaifon familière, faifant foupçonner qu'ils font François, augmente le cha-grin que l'on a de ne les pas entendre. Mais fans chercher de meilleure raifonpour autorifer l'ufage qui s'en pane bien, je m'en fuis tenu à ce qu'il en a étably,
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