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E P I S T R E.
[u[fi[amment à ce qui peut manquer de la -part de celuy qui laprefente. En effet, SIRE, pour remettre cette maitreffe desbeaux Arts dans le lujlre où elle ejloit auftecle d'Augufte , ilefloitneceffaire qu'elle rencontrajl un V rince , qui par des conquefles <&*par des Vertus extraordinaires meritajl [es plus beaux &fes plus[uperbes monumens. Car on peut dire avec beaucoup de raifon queles Marbres <& les Bronzes , e^ tout ce que la Nature peutfournir de riche à l'Art le plus ingénieux , ne [ont pas ce qui[ait valoir davantage les Ouvrages de l'Architecture : Ils nontpoint léclat <& la M a je fié dont ils [ont capables , s ils nontpour objet des exploits fi grands <&fi héroïques, que ton regardeavec moins d'étonnement & la puiffance <£? l'induferle qui lesont [aits , que les merveilles des allions a la mémoire de[quellesils [ont con[acre\. Ceux qui [ont paffionne\ pour cette nobleScience 5 (àf qui [ouh ait tent ardemment de la voir remonter auhaut point où la grandeur d Augufle lavoit élevée , s ne [ont-pasen peine a prefent de trouver de ces[ortes de Sujets ; Et s il y avoitquelque lieu de craindre que le progre^des Arts ne répondifipasaux efperances que Ion en conçoit en ce Règne floriffant , ce riejlque par le [oupçon où l'on pourroit ejlre que ces belles connoiffancesqui languiffe^t dans les effrits , fi elles ne [ont animées par lesfaveurs quelles reçoivent de ïaffefîion des Grands , ne puffentavoir part a celle de V ". M. comme eflant trop occupée de [esgrands projets , pour pouvoir penfer a de moindres chofes. Oeflpar cette raifin que Vitruve pre[entant [on Livre à Augufle ,croyoit avoir [ujet de [e défier que [es meditations d'Architecture[uffent bien reçues , <& trouvaffent quelque place dans un ejpritremply des [oins deûs au gouvernement d^un grand Empire. Maisil n'y a rien a craindre aujourdïhuy de [emblable , & c'eft encela , S IKE , que fay beaucoup plus de bonheur que luy. leprefente cet Ouvrage au Prince du Monde le plus occupé par degrandes affaires ,.[ans craindre de venir mal-a-propos attirer[ur moy des yeux qui doivent inceffamment veiller [ur tout