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Les Voíx de Paris : essai d'une histoire littéraire et musicale des cris populaires de la capitale depuis le moyen âge jusqu'à nos jours ; précédé de considérations sur l'origine et le caractère du cri en général ; Et suivi de Les cris de Paris ; grande symphonie humoristique vocale et instrumentale ; [Partitur]
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AYANT-PROPOS.

gnerait-il ces manifestations vocales, fruit du génie populaire des nations civilisées, empreintes pourla plupart dun caractère doriginalité incontestable, et lon remarque souvent une énergie naïve,digne dintéresser lartiste, souvent aussi une fixité dallures non moins précieuse pour lhistorien?

Il nous a semblé, quant à nous, quil y avait quelques découvertes à faire dans cet océan sonore, etnotre première préoccupation a été den tirer un sujet de composition musicale. Cette idée sétait de-puis longtemps présentée à notre esprit, et nous avons eu soin, pendant plusieurs aimées, de réunir lesmatériaux que nous proposions de mettre en œuvre dans un cadre spécial, ils eussent quelque chancede se produire avantageusement. Notre collaborateur Édouard Thierry, qui, pour la Danse macabre , avaitdéjà su répondre de la manière la plus heureuse à un désir semblable, est venu cette fois encore rem-plir nos vues de tout point en créant une des œuvres les plus gracieuses et en môme temps les plus spi-rituelles que la plume dun poète ait jamais enfantée sur les Cris de Paris. Les contrastes sérieux etbouffons qui ressortent dun pareil sujet, le mélange dinspirations comiques ou sévères quon en peuttirer, tout cela est exprimé dune façon délicate et ingénieuse dans une suite dépisodes agencés avecart, et offrant au musicien une grande variété de caractères et de situations. Le style de cette œuvre,passant alternativement du ton élégiaque au ton comique ou satirique, justifie la qualification dhumo-ristique donnée à la symphonie. Avons-nous, de notre côté, interprété ce sujet avec autant de bonheur ?Avons-nous saisi la grâce sentimentale et loriginalité piquante qui distinguent à un si haut degré lesvers charmants de notre collaborateur, et qui se font surtout remarquer dans la chanson de Dona Floret dans les couplets du Promeneur solitaire? Le public en décidera. Mais que nous ayons ou non touchéle but, un fait nous semble acquis : cest que les cris populaires, et môme les cris industriels, offrent aumusicien des sources abondantes et trop ignorées ; cest quil y a toute une région musicale biendigne dôtre explorée, et nous aurons du moins le mérite dôtre entré plus résolûment peut-ôtrequon ne lavait fait avant nous. Nous sommes, en effet, le premier qui ait assigné à linterprétationmusicale des cris de Paris les proportions étendues dune symphonie vocale et instrumentale, en troisparties, les formes de lart les plus sérieuses, de môme que les plus légères, se trouvent réunies. Jan-nequin, qui, au xvi e siècle, a traité ce sujet dans le style travaillé et un peu lourd du contre-point fleuriet de limitation, nen a tiré quun simple quatuor, fait avec art il est vrai, mais dépourvu de toute espècedintérêt dramatique.

Une fois notre conviction arrêtée sur le caractère presque musical des cris de Paris, on ne sétonnerapas que notre curiosité se soit portée sur le caractère historique du sujet. Ici du moins nous avions denombreux devanciers, mais lordre manquait à leurs recherches. Il y avait à introduire dans lhistoiredes cris populaires une pensée dominante, à en montrer le rapport avec lhistoire des langues, des artset des sociétés, à caractériser les époques diverses quun examen attentif y distingue. Il y avait ensuite àétablir, par des exemples choisis et commentés avec soin, limportance des cris parisiens au point devue musical ; il y avait enfin à tenir compte des essais dapplication littéraire ou artistique qui avaientprécédé le nôtre et à les apprécier rapidement.