J> E P R E C A U T I O N, 109
C’cft un prejug^ trop gene'ralement recu,^u’il faut purger quand on n’a pas appetit;mais cela eft faux tres-fouvent, & la plu-pavt des caufes qui detruifcnt l’appetit, nepeuvent point etre cnlevöes par la purga-tion; il y en a plulieurs qu’elles augmentent.
Les perfonnes, dans l’eftomac dcfquellesil fe forme beaucoup de glaires, croient fegißrir par les purgatifs , qui paroifl’ent eneffet les foulager d’abord; mais c’eft un fou-lagement paffager & trompeur. Ces glairesviennent de la foiblefi'e de l’eftomac , & lespurgatifs l’augmentent; ainfi, quoiqu’ilsen-levent une partie des glaires formees, il yen a, au bout de quelques jours , plus qu’au-paravant; & en reitcrant les purgatifs, lemal eft bientot incurable , & la fante per-due. L’on guerit par des remedes tout op-poßs. Ceux du §. font tres-utiles.
§. 554. L’ufage des ftomachiques prepa-res avec l’eau-de-vie , l’cfprit de vin , l’eaude cerife , eft toujours dangereux , malgrele foulagement que ces remedes procurentd’abord , dans quelques maux d’eftomac ;ils detruifent reellement , peu-k-peu , cetorgane , & l’on voit tous ceux qui s’ae-coutument aux liqueurs, tout comme lesgrands buveurs, finir par ne faire aucunedigeftion , tomber dans la längueur, & mou-rir hydropiques.
§. ^55. L’on peut fouvent fe pafler d’e-mdtique ou de purgatifs , lors meme qu’ilsparoiiTent neceflaires , en fe retranchant unrepas par jour pendant quelque temps; en