Des P o i s o Bf s. 193avec une inflammation prodigieufe, un fcabrülant, des douleurs atroces dans la bou-chc, la gorge , l’eftomac, les boyaux, desvomiflements affreux &: fouvent fanglants,des feiles fanglantes, des convulfions, desdefaillances, &c.
Le meilleur de tous les remedes c’eft d’a-valer des torrents de lait, ou, fi l’on n’ena pas, d’eau tiede; ce n’eft que la quan-tite prodigieufe de liquide qui peut fauver.Si l’on foupconne d’abord la caufe du mal,apres avoir avald promptement beaucoupd’eau tiede, on peut exciter le vomiffementavec de l’huile ou du beurre fondu, & lechatouillement de la gorge avec une plu-me : quand le poifon a deja enflamme l’ef-tomac & les inteftins, il ne faut pas efpe-rer qu’il reflorte par les vomilTements. Toutce qui eft emollient, les decoäions de fa-rine d’orge, de grus , d’althea , le beurre,l’huile conviennent auffi.
Des que les douleurs fe repandent dansle ventre , & que les boyaux paroiflentattaques, il faut multiplier les lavementsde lait.
Si au commencement du mal le maladea le pouls fort, une faignee abondante efttres-utile, parce qu’elle ralentit le progresde finflammation.
Lors meme que l'on a echappe k la pre-mierefureur du mal, on refte ordinairementdansun etat de langueurpendant long-temps,quelquefois meme le refte de fa vie; leplusfür moyen de prevenir ce malheur, c’eft
Tome II, I