Des Engelures. 137Les uns en font cruellement affligcs, de-puis le commencement de l’automne juf-qu’k la fin du printemps; d’autres n’en ontpoint, ou n’eft ont que de tres-legeres &de trks-pafiageres. Cette difference vient,fans contrcdit, de la nature des humeurs& de la texture de toute la peau , & für-tout de celle des mains; mais il n’eft ce-pendant pas aife de döterminer avec certi-tude & precifion en quoi cette differenceconfifte.
Les enfants qui font fanguins & qui ontla peau dclicate, font affez generalement fu-jets a ce mal , qu’on traite ordinairementtrop cavalierement, & qui eft aüez cruelpour meriter quelque attention; puifque ,independamment des douleurs qui rendentfouvent ces jeunes enfants malheureux pen-dant plufieurs mois, il leuroccafionne quel-quefois de la fievre, les empeche de dor-mir, les retient au lit, ce qui eft toujour*«n grand mal, les detourne de leurs de-voirs, les fevre de leurs plaifirs , quelque-fois meme , quand ils font obliges de ga-gnerleur vie en travaillant, les plonge dansla mifere. J’ai connu un jeune liomme qui,ayant c'te diftrait d’un apprentiftage d’hor-logerie par des engelures , eft devenu unfaineant gueux.
Les engelures qui attaquent le nez, y laif-fent fouvent une impreflion qui change laphyfionomie le refte de la vie; & les mainsqui en ont efluye de fortes, s’en reffententordinairement tonjonrs.