no
ŒUVRES DE HENRI IIEINE.
nettement que nos modernes idéalistes transcendan-taux; Platon a retrouvé, aussi bien que M. Schelling,le monde de l’esprit dans le inonde des faits ; mais nousavons un avantage sur les Grecs, ainsi que sur l’écolecartésienne, nous avons un avantage, et voici lequel :
Nous avons commencé notre rotation philosophiquepar une recherche des sources de nos connaissances,par l’examen de l’intelligence humaine, parla critiquede la raison pure de notre Emmanuel Kant.
A propos de Kant, je dois ajouter aux observationsprécédentes que la seule preuve de l’existence de Dieuqu’il ait laissé subsister, la preuve dite morale, a étéculbutée avec un grand éclat par M. Schelling; mais j’aidéjà remarqué que cette preuve n’est pas d’une forcesingulière, et que Kant ne l’a peut-être accordée que parbonté d’âme. Le dieu de M. Schelling est le dieu-mondede Spinosa : au moins l’était-il en \ SOI, dans le secondvolume du Journal de Physique spéculative. Ici Dieuest l’identité absolue de la nature et de la pensée, de lamatière et de l’esprit, et l’identité absolue n’est pas lacause du monde, mais elle est le inonde même : elle estdonc le Dieu-monde. Il n’existe en lui ni oppositions, niséparations. L’identité absolue est aussi la totalité ab.solue. Un an plus tard, M. Schelling a développé sondieu encore davantage, dans le livre intitulé Bruno, oudu Principe divin et naturel des choses. Ce titre rap-pelle le plus noble martyr de noire doctrine , GiordanoBruno de Nola, de glorieuse mémoire. Les Italiens pré-