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1 (1863)
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DE L’ALLEMAGNE

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C’est là que viennent se briser et écumer les vagues lesplus agitées du jour. C’est là qu’on entend vociférer lespassions les plus modernes. Ça criaille, ça gronde, çarugit ! On bat le tambour, la garde nationale s’avanceau pas de charge, et tout le monde parle français. Est-ce bien là le lieu où l’on peut lire les poésies d’Uhland ?Je viens de réciter trois fois à moi-même la fin de laprécédente poésie. Mais je ne ressens plus l’ineffablemélancolie qui me saisissait jadis à l’endroit de la fillede roi morte, quand le beau berger, qui ignore sontrépas, lui crie d’une voix si plaintive : « Sois la bien-venue , jolie fille de roi ! » Mais

« Une lugubre voix d’esprit lui répond:—Adieuttoi qui fus monberger. »

Peut-être mon enthousiasme pour ces sortes de poé-sies s’est refroidi depuis que j’ai fait l’expérience qu’il y ades amours bien plus douloureuses que l’amour de celuiqui ne possède jamais l’objet aimé ou qui le perd par lamort. En effet, on souffre bien plus quand cet objetaimé repose nuit et jour dans nos bras, mais qu’il saitnous tourmenter nuit et jour par une opposition têtue etdes caprices continuels, de telle manière que nousrepoussons à la fin loin de notre cœur celle que cepauvre cœur aime le mieux, et que nous sommes obligésde la conduire à la cour des Messageries et de l’aidernous-mêmes à monter en diligence pour aller se pro-mener dans son pays. —

«Adieu! jolie fille de roi. »