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1 (1863)
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DE L'ALLEMAGNE.

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niveau de mon intelligence juvénile. Mais depuis, com-bien d’événements ne sont-ils pas arrivés ! Ce qui mesemblait si beau, ce monde féodal et sacerdotal, cespreux qui frappent de si grands coups d’épée, ces pèle-rins de terre sainte, ces tournois, ces doux écuyers, ceschastes demoiselles, ces batailleurs Scandinaves, cestroubadours, ces moines et ces nonnes, ces souterrainsde castel aux terreurs mystérieuses, ces renoncementsd’amour, ce tendre tintement des cloches et ces éter-nelles lamentations mélancoliques, combien j’en ai étédégoûté depuis ! Mais jadis il n’en était pas ainsi. Quede fois, sur les débris du vieux château de Dusseldorfsur le Rhin, ne me suis-je pas assis et n’ai-je pas dé-clamé la belle romance d’Uhland :

« Le beau berger passait si près, si près du château du roi. Lajeune fille du haut des créneaux le vit, et elle fut prise d’un désirlangoureux.

« Elle lui envoie une douce parole : — Oh ! si je pouvais des-cendre près de toi! comme ils brillent là-bas, tes blancs agneaux etles petites fleurs rouges !

«Le jouvenceau lui répondit: — Oh! si tu pouvais descendrevers moi! comme ils brillent, tes bras blancs et tes joues roses!

« Et lorsque chaque matin il passe devant le château avec undoux émoi, il est là qui regarde jusqu’à ce qu’apparaisse en haut sajeune bien-aimée.

« Alors joyeux il lui crie : — Soyez la bienvenue, jolie fille deroi. Sa douce voix lui répond : — Merci, mon berger.

« L’hiver s'est enfui, le printemps est arrivé. Les petites fleurssont écloses tout alentour. Le berger se dirige vers le château,mais elle ne parut pas.

« Il crie si plaintivement : — Sois la bienvenue, jolie fille de roi.