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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Cet homme sait réellement écrire chaque année unedouzaine de drames, et l’on est forcé d’admirer cetteproductivité. Mais comme le dit Jantjen d’Amsterdam ,l’illustre prestidigateur, quand nous admirons ses toursd’adresse, il n’y a pas de sorcellerie, ce n’est que lavitesse.

C’est l’association d’idées qui naît du contraste, quim’a fait tomber sur M. Raupach et sur madame BirchPfeifer lorsque je voulais parler de M. Uhland. Maisquoique ce couple divin, notre Diane encore moins quenotre Apollon, n’appartienne pas à la vraie littérature,encore devais-je en parler, puisqu’ils représentent lemonde dramatique d’à présent.

Je suis maintenant dans un singulier embarras. Je nepuis mentionner les poésies de M. Louis Uhland sansen parler avec quelque étendue, et pourtant je suisdans une disposition d’esprit qui n’est nullement favo-rable à ce sujet. Le silence paraîtrait ici lâcheté sinonperfidie , et il se pourrait bien qu’une honnête et loyalefranchise fût interprétée comme manque de charité.Dans le fait, les séides de la muse d’Uhland et les vas-saux de sa gloire seront difficilement satisfaits de l’en-thousiasme que j’ai à ma disposition aujourd’hui. Maisje les prie de prendre en considération le temps et lelieu où j’écris ces pages. Il y a vingt-cinq ans, j’étaisadolescent, et alors avec quel engouement frénétiquen’eussé-je pas célébré le bon et excellent Uhland ! Alorspeut-être sentais-je mieux ses qualités, qui étaient au