de l’allemagne.
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se jettent aujourd’hui à corps perdu dans le mouvementpolitique dont ils s’étaient tenus si longtemps éloignés.Vous autres Français, voilà cinquante ans que vous êtessur pied et vous êtes las à cette heure. Pour nous, Alle-mands, qui, jusqu’à présent, menions une vie séden-taire, restant assis dans notre cabinet de travail, occupésà développer des systèmes de philosophie transcendan-tale ou à commenter les vieux bouquins de l’antiquité,nous sentons le besoin de nous donner un peu d’exer-cice. La même raison que j’ai indiquée plus haut m’em-pêche de parler, comme il le mérite, d’un auteur quemadame de Staël n’a fait qu’effleurer légèrement, etqui, depuis les spirituels articles de Philarète Chasles,est devenu particulièrement l’objet de l’attention dupublic français. Je veux parler de Jean-Paul-FrédéricRichter. On l’a appelé l’Unique. Excellente dénomina-tion dont je ne saisis toute la justesse que maintenant,après avoir inutilement cherché à quelle place de l’his-toire littéraire on pourrait parler de lui. A son début ilétait contemporain de l’école romantique, sans pourcela y prendre la moindre part 3 dans la suite il n’entrapas non plus en communication avec l’école artistiquede Goethe. Il est tout à fait isolé dans son époque, juste-ment parce que, contrairement aux deux écoles, il s’estadonné entièrement à son époque, et que son cœur endébordait. Son cœur et ses écrits ne font qu’un. Cettequalité, cette unité, nous la retrouvons aussi chez beau-coup de jeunes écrivains de l’Allemagne actuelle dont