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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
le dogme de l’abstinence, en prétendant que les raisinsde ce monde sont trop verts. Lorsque des temps plusprospères arrivent où les bonnes gens ont à leur portéeles beaux fruits de la terre, alors vous voyez apparaîtreune doctrine plus gaie qui revendique toutes les dou-ceurs de la vie et le droit inaliénable de la jouissance.
Approchons-nous de la fin du jeune chrétien? attei-gnons-nous déjà à l’âge riant de la joie, nous éclaire-t-ildéjà de ses premières lueurs ? Comment la joyeuse doc-trine transformera-t-elle l’avenir?
C’est dans la poitrine des écrivains d’une nation querepose l’image de ses destins futurs, et un critique quidisséquerait un de nos nouveaux poètes allemands avecun scalpel assez affilé pourrait facilement prophétiser del’état de ses entrailles, à la manière des anciens sacrifi-cateurs païens, quel sera plus tard le sort de l’Alle-magne.
Ce serait avec un vrai plaisir que, Calchas littéraire,j’immolerais sous ma critique quelques-uns de nosjeunes poètes, si je ne craignais de voir dans leurs en-trailles bien des choses sur lesquelles je n’aimerais pasà me prononcer dans ce moment. Car on ne peut pasparler de notre nouvelle littérature allemande sanstoucher le terrain de la politique. En France, où lesécrivains cherchent à s’éloigner du mouvement poli-tique plus même qu’il ne le faudrait, on peut juger lesbeaux esprits du jour sans dire un mot des affaires du 'jour. Mais de l’autre côté du Rhin les meilleurs auteurs