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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
veut en vain retenir le corps de son père ; il flotte paisi-blement au large vers la belle Égypte, où l’on attend sonarrivée pour l’ensevelir, conformément à son rang, sousune des plus hautes pyramides. Rien n’est plus touchantque le repas funèbre par lequel la jeune fille honore lamémoire de son père. Elle étend un voile blanc sur unegrande pierre dans les champs; elle place des mets et dûvin, et mange solennellement. L’excellent Arnim esttoujours attendrissant lorsqu’il nous parle des Zigeuner,auxquels il a voué une constante compassion dans plu-sieurs de ses ouvrages, entre autres dans la conclusiondu Cor merveilleux , où il prétend que nous devons auxBohémiens d’immenses bienfaits, et surtout la plupartde nos médecines. Nous les avons payés d’ingratitudeet persécutés cruellement. Il se plaint que tout leuramour pour nous ne leur a pas valu une patrie, et il lescompare, sous ce point de vue, aux petits nains dontparle une de nos légendes, qui apportaient tout ce quiétait nécessaire aux festins de leurs ennemis, mais qu’onbattit et qu’on chassa du pays à cause de quelques poisqu’ils prirent dans un champ. Ce fut un triste spectacleque la vue de toutes ces petites gens galopant pendantla nuit sur le pont, défilant comme un troupeau de bre-bis , et forcés chacun de déposer en partant une petitepièce de monnaie, jusqu’à ce qu’ils en eussent rempliune tonne.
Une traduction d 'Isnbella cl’Égypte, ne servirait passeulement à donner aux Français une idée des écrits