DE L’ALLEMAGNE.
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souveut un croûton qui était trop dur pour ses vieillesdents, et lui donnait de temps en temps un coup de piedavec humeur. Ce dernier souvenir touche le bon Franzjusqu’aux larmes, et il se plaint amèrement que son pèresoit mort et ne puisse plus lui donner de coups.
Les romans d’Arnim se nomment les Gardiens de laCouronne et la Comtesse Dolores. Le premier de cesromans a aussi un magnifique début. La scène est auhaut de la tour de vigie de Waiblingen, dans la petitechambre du gardien et de sa digne et grosse femme, maisqui n’est pas aussi grosse qu’on le croit en bas dans laville. En effet, on la calomnie en disant qu’elle est de-venue si corpulente dans sa tour, qu’elle ne peut plusdescendre l’étroit escalier tournoyant, et que, ne pouvantsortir, elle a été obligée, après la mort de son premiermari, le vieux gardien, d’épouser le nouveau tourier. Lapauvre femme s’affligeait fort de ces méchants propos,et elle ne pouvait descendre l’escalier, uniquement parcequ’elle avait des vertiges. — Le second roman d’Arnim,la Comtesse Dolores , offre encore une brillante entréeen scène, et l’auteur y peint admirablement la poésie dela pauvreté, et, de plus, la pauvreté noble dont il souf-frait lui-même alors, et qu’il a souvent choisie pour sonthème. Quel maître que cet Arnim, dans la peinture deki destruction ! Je crois toujours voir devant mes yeuxle château désert de la jeune comtesse Dolores, quisemble encore plus ruiné, à cause du riant goût italiendans lequel le vieux comte l’a bâti, mais sans l’achever.