DE L’ALLEMAGNE.
32V
Ce n’est pas ici la Marguerite de Goethe, et son're-pentir ne fournirait pas un tableau à M. Scheffer. Cen est pas là un clair de lune allemand. Il se trouve danscette chanson aussi peu de sentimentalité que danscelle où un jeune drôle demande accès près de sa maî-tresse pendant la nuit, et où celle-ci répond:
« Chevauche vers cette route,
Chevauche sur cette bruyère,
D’où tu as pris ta course.
Là est une grosse pierre,
Ta tète y appuieras,
Et de duvet tu n’emporteras. »
Mais la clarté de la lune tombe à flots argentés, etscintille, de toutes parts, de cette chanson :
Si j’étais un petit oiseau,
Et si j’avais deux ailes,
Je volerais vers toi,
Mais je demeure ici,
Ne pouvant le faire.
Quand je suis loin de toi, !
Le songe vers toi me ramène;
Je converse alors avec toi,
Et je ne me trouve seuleQu’au moment d\\ réveil.
Il n’est pas d’heure de la nuitOù mon amour ne veille,
Et où je ne me dise mille foisQue tu m’as donné ton âme.