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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ductions de nature, à peu près comme on fait des mi-néraux factices; mais, quand ils ont composé les partiesintégrantes au moyen de procédés chimiques, la choseprincipale leur échappe ensore, ils ne peuvent rempla-cer l’énergie sympathique de cette œuvre. Dans ceschansons, on sent les battements de cœur du peupleallemand. Là, se révèle sa mélancolique sérénité, safolle raison; on entend les roulements de la colère alle-mande, les sifflements de la raillerie allemande; ici,l’amour allemand a déposé ses baisers; dans ce livre,on trouve les pleurs de la sensibilité allemande. Un sa-vant analyste trouverait du sel et du fer dans ces pleurs !Quelle naïveté dans la fidélité de ce peuple : que deloyauté dans ses trahisons ! quel honnête garçon est lepauvre Schwartenhals, quoiqu’il vole sur les grandesroutes ! Écoutez ce qu’il dit de lui-même :
Je vins trouver l’hôtesse dans sa maison.
Elle me demanda mon nom.
Je suis un pauvre garçon.
Qui boit et mange en toute saison.
On me mena dans une salle peinte,
Où l’on m’offrit une grande pinte.
On avait beau remplir mon verre,
Je le laissai tomber à terre.
On me mit à la place d’honneur,
Pour me traiter en grand seigneur;
Quand il fallut payer l’écot,
Rien ne sonna dans mon sarrot.
La nuit, quand je voulus aller dormir,