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1 (1863)
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DE L’ALLEMAGNE.. 309

et il est peut-être resté à languir dans un désert de sablebridant, ou bien est-il perché en ce moment, avec sesailes affaiblies, sur quelque pyramide égyptienne, jetantdes regards douloureux du côté du Nord, vers sa fraîcheretraite d’été, dans le pays d’Hanovre.

Lorsque, vers la fin de l’automne de 1828, je revinsdu sud (et moi aussi, la flèche brûlante dans le sein),ma route me conduisit dans les environs de Goettingue,et je m’arrêtai, pour changer de chevaux, chez magrosse amie, la maîtresse de poste. Je ne l’avais pasvue depuis plus d’une année, et la bonne femme meparut très-changée. Sa gorge ressemblait toujours à uneplace forte, mais aune place saccagée. Les bastionsétaient rasés; les deux tours principales n’étaient plusque des ruines chancelantes; nulle sentinelle ne gardaitle rempart, et la citadelle, le cœur, était brisée. Ainsique me le dit le postillon Piper, elle avait même perduson goût pour les romans d’Hoffmann, mais elle n’enbuvait que plus de brandevin avant de se coucher. Celaétait aussi plus simple, car ces braves gens trouvaientle brandevin dans leur logis, tandis qu’ils étaient obli-gés d’aller chercher les romans d’Hoffmann à quatreheures de chemin de là, dans le cabinet de lecture deDauerlich, à Goettingue. Le postillon Piper était unpetit homme aigre et raccourci comme s’il avait bu duvinaigre. Lorsque je m’informai à lui de la sœur de lamaîtresse de poste, il me répondit : « Mademoiselle

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